COMMUNICATIONS
:



Jean-Marie
COURRENT (Université de Perpignan) :
L'éthique face aux logiques de gestion :
une politique d'entreprise éthique est-elle possible ?
Introduction
:
En
Occident de façon générale, et notamment en France,
la morale des affaires occupe, depuis le milieu des années
80, une place fort importante dans la presse qui rapporte à
l'envi les cas de corruption liés à l'obtention de marchés
publics, les dommages causés à l'environnement par des
industries polluantes, les conséquences désastreuses
sur l'emploi national des choix de délocalisation de certaines
productions vers des pays à faible protection sociale et main
d'uvre peu coûteuse,
Les travaux sur la dimension éthique de la gestion ont commencé,
ainsi, à se développer peu à peu. Ils ont conduit
à proposer des définitions de l'éthique des entreprises,
-ou de la morale des affaires, ces deux expressions étant largement
considérées comme ayant le même signification
(Orsoni, 1989) . En adaptant par exemple les définitions de
Velasquez (1982) et de Nash (1987) , et pour reprendre également
les termes d'Antoine Kerhuel , l'éthique des affaires peut
être considérée comme la manière dont s'appliquent
les normes morales des individus aux "décisions concrètes
prises dans l'entreprise (...)



Laure
LAVORATA (Université Paris-XII Val de Marne) :
Les enjeux de l'éthique dans le marketing et la vente
Résumé
:
Le développement de l'éthique dans toutes
les sphères de notre société nous pousse à
nous interroger sur la place de celle-ci dans les entreprises et dans
les pratiques professionnelles. Le marketing et la vente sont des
domaines où les pratiques sont souvent considérées
comme non éthiques. L'objectif de cette communication est de
présenter un état de l'art sur les recherches anglo-saxonnes
puis françaises dans ces deux domaines. Nous analyserons les
enjeux du comportement éthique des individus dans l'entreprise
en nous centrant plus particulièrement sur celui du vendeur.
Nous montrerons par ailleurs que l'entreprise peut jouer un rôle
dans le développement d'un comportement éthique par
ses discours mais aussi ses actions et que cela s'inscrit dans une
démarche de fidélisation de ses clients.



Michel
MARCHESNAY
(Université de Montpellier I) :
Entre Figaro et Caliban : quelques propos candides sur l'éthique,
comme vulgate en management
Propos introductifs à l'atelier sur l'éthique
Introduction
:
Le monde imaginé par les " gestionnaires
" est celui de Janus : d'un côté une représentation
fondée sur un opportunisme darwinien (cf Williamson , récemment
: " The general effect of presuming the absence of opportunism
is that we enter the world of " utopian fantasias ") ; de
l'autre , une représentation irénique , " a brave
new world " , dans laquelle l'utilitarisme est intimement lié
à la recherche du bien commun (filiation Smith-Stuart Mill-Ruskin).
Les discours gestionnaires sont , dans leur ambiguïté
consusbtantielle, malades de cette schizophrénie -et tout particulièrement
le discours managérial, entre l'entreprise citoyenne et la
troueuse d'ozone. La lecture de travaux sur l'éthique, notamment
ces derniers mois , ne m'a pas rassuré !(...)



Arnaud
PELLISSIER-TANON (Université Paris-1 Panthéon Sorbonne)
:
Epistémologie de l'éthique en gestion
Résumé
:
Dans
la société contemporaine, l'exigence "éthique"
qui pèse sur les entreprises prend un tour paradoxal : alors
que le consensus sur les devoirs que chacun doit accomplir se dissout
peu à peu, comment penser qu'elles puissent compatir aux souffrances
de leurs parties prenantes sans hypocrisie ? Aussi les dirigeants
d'entreprises sont ils en quête d'une éthique qui leur
permettent de concilier efficacité et légitimité.
Ils recherchent précisément la règle dont le
respect conduira les membres de leur personnel à proportionner
la vivacité de leurs désirs aux nécessités
de l'action qu'ils mènent, sous leur égide, collectivement.
Le principe juridique de la responsabilité civile professionnelle
indique sans doute la voie à suivre lorsqu'il exige des justiciables
réparation des dommages qu'ils n'ont pas sus éviter
: loin de promulguer les valeurs de leurs choix ou de se défausser
de leurs propres responsabilités, les dirigeants joueront du
professionnalisme que les membres de leurs entreprises revendiquent
pour les inciter à passer au crible leurs propres valeurs et
examiner leur comportement au travers de leurs conséquences
; en bref, ils feront appel à leur soif de responsabilité.



Hugues
POISSONNIER (Université Montpellier-II) :
Les enjeux éthiques du contrôle de gestion : une revue
de la littérature
Introduction
:
Si l'on se réfère à une définition
du contrôle de gestion donnée par Anthony, qui disait
en 1988 que " Le contrôle de gestion est le processus par
lequel les managers influencent d'autres membres de l'organisation
pour appliquer les stratégies ", on retrouve bien l'idée
d'un lien très fort entre stratégie et contrôle,
le second servant à s'assurer de la qualité de l'application
de la première. C'est ce qu'exprime d'ailleurs aussi H. Bouquin
(1994) : " Il conviendra d'appeler contrôle de gestion
les dispositifs et processus qui garantissent la cohérence
entre la stratégie et les actions concrètes et quotidiennes
".
La montée des préoccupations de nature éthiques
dans les entreprises (1) incite donc à réfléchir
sur le rôle que le contrôle de gestion est susceptible
de jouer dans cette évolution. Ainsi, les pressions environnementales
aidant, les entreprises tentent de concilier les deux notions qui
ne sont pas nécessairement opposées de nécessité
économique et d'éthique dans la plupart de leurs activités
(2). Si de telles préoccupations entrent en ligne de compte
dans la définition des stratégies, il devient en effet
légitime de s'interroger sur la manière dont le contrôle
de gestion, que nous avons présenté comme un garant
de la bonne application des stratégies, pourra rendre compte
de ces éléments et bien sûr favoriser ces pratiques.
C'est en partie cette question qui est à l'origine de cette
recherche (...)



Christian
PRAT dit HAURET (Université Bordeaux-IV) :
Comptabilité et développement moral cognitif
Introduction
:
Dans l'histoire, les êtres humains ont éprouvé
très tôt le besoin de compter pour garder en mémoire
leurs engagements vis-à-vis de tiers. Comme le note Vlaemminck
(1956) : " Déjà dans le monument juridique d' Hammourabi,
on trouve des textes qui atteste la tenue des comptes, tel celui qui
est relatif au contrat de commission et qui semble bien constituer
l'obligation légale sinon de la tenue d'une véritable
comptabilité, tout au moins, de l'enregistrement en forme de
compte de certaines transactions ".
La profession comptable libérale, si elle est sans aucun doute
fort utile pour la communauté financière, est monopolistique
et auto-réglementée. Or il existe, comme dans toute
activité humaine, le risque que les professionnels comptables
abusent de leur monopole et privilégient avant tout leur propre
intérêt lorsqu'ils sont en situation conflictuelle avec
un client. Pour Zeff (1987), la concurrence au sein de la profession
étant devenue de plus en plus vive, l'intérêt
personnel de l'auditeur risque de primer sur la mission de service
public qu'il doit réaliser. Le scribe, le comptable ou l'auditeur
ont pour mission de tenir ou de réviser les comptes en respectant
les règles généralement admises afin de donner
une image de la réalité comptable et financière
d'une entité économique. Gage de la confiance accordée
par les tiers aux comptes présentés, un niveau éthique
élevé des préparateurs et des réviseurs
comptables semble s'imposer par opposition à tout comportement
opportuniste qui conduirait ce dernier à privilégier
son intérêt personnel ( affectif, financier ou réputationnel
) au détriment d'un travail comptable de qualité. (...)




Didier
ROCHE (Université de Poitiers) :
La mesure de l'éthique des forces de vente : une quête
possible grâce à un outil de questionnement adapté
Résumé
:
Cet article ambitionne de montrer qu'il est possible de mesurer l'éthique
grâce à une connaissance de l'entreprise étudiée
et à un outil de questionnement adapté.


